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dimanche, 03 juin 2007

May I have this hug ?

Dans mon fatras je viens de retrouver ce petit livre de rien :

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En anglishe dans le texte hein, je suis comme ça moi, je spique inglishe vérihouelle, eh ouais.
En frenchie il y a cette version sinon.

Je re-feuillette vite fait, je souris forcément et puis je pense à ça aussi :
et puis je me demande pourquoi ce n'est pas une évidence, pourquoi une pancarte et pourquoi préciser que c'est gratuit.

Parce que non, ce n'est pas une évidence.
Et je devrais le savoir, moi pour qui un câlin veut dire tellement que parfois j'en pleurerais.
Me laisser approcher, me toucher, ce n'est pas rien.
Je pourrais bien prêter mon corps; me prêter moi, c'est autre chose.
Ce serait admettre que dans le fond je suis rien qu'une gosse.
Oooh ! Pauvre petite chose fragile...
Hé ho ! S'teuplaît, j'cause sérieux là!
S'cuse, continue ta guimauve hein.
Mpfff...
M'en fous, je veux des câlins !
Je veux des doigts dans mes cheveux, des baisers sur mon front et des tu verras tout ira bien.
Même pas peur. Enfin pas trop.

Et non, ce n'est pas gratuit.
Mais quel prix ça a ?

12:20 Publié dans Elle dit quoi la mood ring ? , Vidéos, anims, clips , Zique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Angle mort

C'était un soir de retour coincé entre un bonheur simple et une fuite en avant. Dans ma tête il y avait un peu de je me demande quel temps il fera demain, de faudrait vraiment que j'arrête la clope, ma santé, tout ça, beaucoup de c'est beau ce soleil de septembre mais bon sang c'est long quand même tous ces kilomètres, et puis il y a toujours du monde le dimanche, les gens pourraient éviter de faire comme moi, tous en même temps, ah tiens, j'aime bien cette chanson, en rentrant je les appellerai et je leur dirai... je sais pas... que c'était bien de les voir, que j'ai de la chance, pas que je les aime, ça se dit pas, et puis en rentrant, je te ferai un bisou derrière l'oreille, tu râleras parce que t'aimes un peu ça et tu me chatouilleras pour que j'arrête parce que c'est pas des manières enfin.

J'avais cette pagaille dans la tête et un petit sourire en coin quand je t'ai vu pour la première fois.
Toi non, même pas du coin de l'œil.
Je t'avoue que ça a été un choc. Tu t'es approché avec l'assurance de ceux à qui le monde appartient.
Tu t'es approché, si vite, si près déjà et après je ne sais plus trop, c'est un peu vague.
J'ai sans doute pris peur que ma bulle éclate et là, tout m'a échappé, ça a valsé très vite autour de moi, ça s'avançait vers moi, une fois, deux fois, trois fois, des secondes interminables et je n'y pouvais rien. Quand ça m'a percutée pour la dernière fois, il m'a semblé entendre l'écho de mes propres cris et puis ça s'est arrêté, comme ça.
Toi tu étais déjà loin, tu ne m'avais même pas vue.
Tu m'as laissée tremblante, terrorisée et puis étrangement calme.
Pulvérisée, la bulle.

Comment t'en vouloir ? Il était bien embêtant ce camion devant toi, quelques minutes de gagnées c'est toujours bon à prendre pour être enfin chez soi, alors on le double, cet empaffé de camion. Et puis ce soleil de septembre, c'est joli mais on n'y voit rien. Tu ne m'as pas vue, donc.

J'espère que tu es bien rentré. Moi il y a des nuits où comme ce soir-là je rentre indéfiniment, toujours de la même façon, toujours les cris, et puis ça s'arrête, toujours au même endroit, dans la rembarde en béton.
A 130 sur l'autoroute on n'est plus que de la tôle, maintenant je sais.

Ne t'en fais pas, je n'ai rien.
"De la biafine et demain au boulot", qu'il a dit le doc des urgences.
Tu vois, rien du tout, un petit miracle à trois sous.
D'ailleurs tu le savais, tu ne t'es pas arrêté quand les gens t'ont fait signe.
Tu es parti, tes minutes à gagner.

N'empêche, il était joli ce soleil de septembre.
Je le revois encore parfois.
Et toi, tu t'en souviens, dis ?


[Les VRP - Le Roi de la Route]

11:14 Publié dans Elle dit quoi la mood ring ? , Zique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note